Du polar, des romans noirs et du thriller

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par SamuelZiterman » 09 novembre 2017, 13:05

Mon retour sur Jusuq'à la bête de Thimothée Demeillers.

Un roman qui serait totalement passé en dessous de mes radars sans le billet de Yossarian.

C'est l'histoire d'Erwan employé dans un abattoir. L'histoire d'un quotidien sordide et difficile qui va le conduire à commettre l'irréparable. C'est surtout un récit profondément humain et qui questionne énormément sur la situation actuelle dans le monde du travail et notre modèle sociétal.


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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 26 décembre 2017, 16:28

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Lu La Proie et l'ombre, d'Edogawa Ranpo, très court roman policier (complété ici par une nouvelle, "Le Test psychologique").
Ce roman très célèbre est un subtil jeu de miroirs où le narrateur, Edogawa lui-même, cherche à élucider un meurtre commis par un autre auteur de littérature policière. On retrouve ici une curieuse alchimie entre une intrigue rigoureuse et une narration envoûtante, dans des mises en scène fantastiques et obsessionnelles (fétichisme, voyeurisme, sadisme et perversions sexuelles).
Beaucoup aimé, celui-ci ! Je l'ai largement préféré au Lézard Noir ou même à La Bête aveugle (je réserve mon jugement concernant L'Île panorama, bouquin quand même très particulier).

Noter que l'identification avancée par la quatrième de couverture (qui, euh, bon), voulant que le narrateur soit Edogawa Ranpo lui-même, eh bien, c'est plus compliqué que ça - justement !

C'est un roman très malin, plus profond aussi qu'il n'en a l'air. Très chouette, vraiment.

Hop : EDOGAWA Ranpo, La Proie et l'ombre

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par SamuelZiterman » 15 mars 2018, 16:19

Mon avis sur American Tabloïd de James Ellroy.
J'ai adoré, il faut un talent fou pour mener une telle intrigue. Bon par contre la personnalité de l'auteur est un peu plus dérangeante, mais je ne l'ai pas ressentie dans le roman puisqu'il a l'intelligence (ou la perversité) d'écrire sur une période à son image.

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 17 mars 2018, 12:09

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Lu La Chambre rouge, bref recueil de cinq nouvelles d'Edogawa Ranpo.

Bon, c'est pas forcément du policier, hein... "La Chenille", la plus célèbre nouvelle de ce recueil, rien de la sorte, c'est du pur eroguro.

J'ai beaucoup aimé aussi "La Chaise humaine", totalement folle, et "La Chambre rouge", bourrée d'idées - deux textes délicieusement pervers eux aussi.

Les deux nouvelles restants sont plus classiquement policières et moins enthousiasmantes, mais c'est pas désagréable à lire... Globalement un bon voire très bon recueil.

J'en ai profité pour lire aussi l'adaptation en BD de La Chenille par Maruo Suehiro, et c'est carrément brillant.

Hop : EDOGAWA Ranpo, La Chambre rouge / MARUO Suehiro et EDOGAWA Ranpo, La Chenille

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 28 mars 2018, 16:45

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Lu Creepy, thriller psychologique de Yutaka Maekawa. Enfin, "lu"... J'ai abandonné à la moitié environ ; ça m'arrive rarement, mais là c'était vraiment trop mauvais... Mal écrit, traduit et édité, puéril et maladroit de toute façon. Beuh.

Vu aussi l'adaptation cinématographique par Kiyoshi Kurosawa, c'est bien mieux, mais disons "honnête", rien de renversant non plus.

Hop : Yutaka MAEKAWA, Creepy ; Kiyoshi KUROSAWA, Creepy

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 11 octobre 2018, 12:15

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Maehara Akio est un homme ordinaire qui mène une existence ordinaire d’employé de bureau. Il vit avec sa femme, son fils et sa mère vieillissante. Un jour, il reçoit un appel de son épouse au travail. La chose est inhabituelle. La demande qu’elle lui fait l’est encore davantage : revenir immédiatement à la maison. Elle refuse de lui en dire plus mais la panique qu’il entend dans sa voix le convainc de partir aussitôt. À son arrivée, sa femme lui apprend que leur fils, âgé de quatorze ans, a tué une fillette et que le cadavre gît dans le jardin…

Le lendemain, le corps de la petite victime est retrouvé dans des toilettes publiques. Alors que son père est mourant à l’hôpital, Kaga Kyōichirō prend en charge l’enquête. Son jeune cousin, fraîche recrue affectée à ses côtés, s’étonne de la froideur implacable du limier que rien ne semble atteindre, ni l’agonie d’un proche ni les pires turpitudes de l’âme humaine. À travers lui, le lecteur observe, médusé, la mécanique insondable et parfaite d’un esprit policier.

Avec toujours le même génie, Keigo Higashino comprend tout, explique tout. Ce roman, dont l’atmosphère rappelle celle du Dévouement du suspect X, est un des plus sombres du maître nippon.
Lu Les Doigts rouges, polar nippon de Keigo Higashino, dont j'avais bien aimé La Lumière de la nuit, il y a quelque temps de cela.

Pendant longtemps, ça fonctionne très bien, avec un tableau presque sociologique de la famille japonaise, et un engrenage fatidique qui emporte les personnages, lesquels touchent même s'ils ne sont pas sympathiques.

Hélas, une succession de twists pourris à la fin du roman m'a gâché l'ensemble... Et c'est vraiment dommage.

Hop : Keigo HIGASHINO, Les Doigts rouges

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 20 février 2019, 12:30

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Lu Noir sur blanc, roman inédit de Tanizaki Jun'ichirô, une sorte de roman policier et en même temps de méta-roman : un écrivain de second ordre livre un polar "démoniaque" dans lequel la victime est inspirée d'un personnage médiocre de sa connaissance. Problème : son inattention a fait que, dans les derniers feuillets, il a appelé son personnage par le vrai nom de son modèle... L'auteur sombre dans un délire paranoïaque : on reconnaîtra le modèle, et on le tuera dans des circonstances proches de celles du roman, pour que l'auteur en porte le blâme !

Bon, ça n'est pas un des chefs-d'oeuvre de Tanizaki, mais j'ai beaucoup aimé ! C'est drôle, c'est ludique, c'est malin, l'auteur s'amuse bien et ça se lit tout seul.

Hop : TANIZAKI Jun'ichirô, Noir sur blanc

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Re: Du polar, des romans noirs et du thriller

Message par Nebal » 01 juin 2019, 17:01

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Me suis fait une session Edogawa Ranpo.

D'abord avec Edogawa Ranpo, les méandres du roman policier au Japon, recueil d'articles très intéressant dans l'ensemble, et qui m'a permis de prendre conscience de ce que l'image que nous avons de l'auteur en France diffère probablement de celle qu'il a au Japon ? La composante "ero guro nansensu" y serait moins marquée, là où plusieurs générations de Japonais ont grandi en lisant ses récits policiers pour la jeunesse, plus ou moins Club des Cinq ?
L'ouvrage permet aussi d'envisager la littérature policière au Japon (voire un peu au-delà) à l'époque, et la place d'Edogawa Ranpo dans tout ça, mais sans qu'il en vienne à constituer une sorte d'arbre cachant la forêt.
Ce genre de choses. Une bonne lecture.

Ca m'a donné envie de lire ses deux bouquins chez Wombat - et d'abord le roman Le Démon de l'île solitaire.
C'est un peu un foutoir, on y trouve de tout, sans vrai souci de cohérence j'ai l'impression.
Les éléments proprement policiers, très classiques et référentiels (chambre close, ce genre de choses) sont sympathiques, qui fournissent la première matière du roman, mais, sans surprise, j'en ai surtout apprécié les glauqueries malsaines, perverses et horrifiques qui leur succèdent vers le milieu du roman, et qui pour moi en font tout l'intérêt.
Vers la fin, l'affaire vire cependant à la chasse au trésor (!?), très poesque assurément... mais qui m'a surtout paru bien puérile (et les passages policiers n'étaient pas dépourvus de ce sentiment, en y revenant).
Bizarre. Plus ou moins convaincant selon les moments et les procédés.

Puis il y a eu le recueil de nouvelles Un amour inhumain, assez inégal également.
La nouvelle titre m'a paru ratée, surtout en ce qu'elle pourrait se voir attribuer une critique fréquente pour les mauvaises lovecrafteries : l'auteur nous promet sans cesse quelque chose de vraiment horrible... mais en définitive non.

"L'Apparition d'Osei" m'a davantage convaincu, même en étant cousue de fil blanc.

"Les Canaux de Mars" tranche radicalement, formellement surtout : j'ai eu l'impression d'une attention au style inaccoutumée, et d'un récit au second plan, qui m'a fait l'effet d'une sorte de poème en prose, et ça c'était inattendu - intéressant.

"Les Crimes étranges du docteur Mera" m'a bien plu, un récit policier à l'ambiance fantastique oppressante - ça m'a beaucoup fait penser à "L'Araignée" de Hanns Heinz Ewers, par contre, à tort ou à raison.

"La Grenade" est une longue novella policière plus ou moins convaincante - l'auteur s'amuse avec les attentes et les intuitions du lecteur, en se jouant de son détective, mais, dans son caractère tordu, le problème est que cela demeure globalement très prévisible à partir du moment où on saisit ou l'auteur veut nous emmener.

"L'Abri antiaérien", enfin, déçoit, les tableaux apocalyptiques de la destruction de Tôkyô et le ravissement du narrateur à ce spectacle (ce qui m'a un peu rappelé Le Pavillon d'or de Mishima, qui paraîtrait l'année suivante) virant en définitive un peu à la mauvaise blague.

A boire et à manger, donc - mais rien d'aussi fort que La Proie et l'Ombre ou La Chenille, hélas.

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