SARBAN - Le Son du cor

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SARBAN - Le Son du cor

Message par Nebal » 12 Juillet 2017, 19:21

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Un homme, Alan Querdillon, un soir de 1949, entame un récit extravagant et atroce. Il raconte comment, au début de la Seconde Guerre mondiale, il a réussi à s’évader d’un camp de prisonniers pour se retrouver… en l’an 102 du Reich de Mille Ans prophétisé par Adolf Hitler, où les nazis ont triomphé et dominent le monde. Traqué par le sinistre Grand Veneur du Reich, tel un gibier humain, il est obligé de fuir dans les immenses forêts d’une Europe méconnaissable…

Publié en 1952, ce roman devint rapidement un best-seller. Il est considéré comme l’une des œuvres fondatrices de l’uchronie. Dix ans avant Le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, Sarban nous plonge dans un univers alternatif où les nazis ont gagné la Seconde Guerre mondiale et règnent en terribles seigneurs féodaux sur une Europe totalement soumise. Entre La Chasse du comte Zaroff, une mise en perspective terrifiante de ce qu’aurait pu être la victoire des nazis et un récit haletant, Le Son du cor déploie tout le potentiel de l’uchronie : une capacité à nous faire réfléchir sur l’histoire, une vision d’un monde à la fois étrange et proche, et une construction romanesque palpitante.

Dans sa préface, Xavier Mauméjean remet en perspective l’importance de ce roman dans le mouvement littéraire de l’uchronie.


Lu Le Son du cor, de Sarban, récemment réédité (mais dans sa traduction de 1970) par Mnémos. Un roman étrange, pas forcément évident à classer - on a d'ailleurs pu contester jusqu'à son caractère d'uchronie, de manière pas très convaincante à mon sens -, et qui relève sans doute avant tout de l'horreur sur le mode du survival.

C'est sa force : un beau cauchemar, avec des scènes fortes - d'autant plus, sans doute, qu'il y a là dedans quelque chose d'un fantasme pervers. C'est assez sadien, oui, et ça anticipe d'une certaine manière le Salo de Pasolini (dont je ne raffole vraiment pas, mais ce n'est pas le propos).

Ce qui explique des commentaires malveillants : on a pu parler d'un roman "répugnant", "suspect", "ambigu"... Franchement, même avec la part d'excitation qui s'y glisse, le roman n'a absolument rien de tout cela. La comparaison avec Sade me paraît pertinente, mais, on ne va pas se leurrer, c'est un roman parfaitement innocent par rapport aux œuvres "ésotériques" du Divin Marquis. C'est même assez moral au sens conventionnel, en fait - sans rien en tout cas de l'hypocrisie des films de "nazisploitation" qui suivraient, dans le registre de la pure exploitation.

C'est un document intéressant - le rejeter au motif qu'on se pince le nez ne fait pas vraiment sens à mes yeux. Mais est-ce un bon roman ? Il a ses forces, surtout quand il joue de la carte cauchemardesque, mais il a aussi ses faiblesses - un rythme guère assuré, un didactisme parfois malvenu, un jeu d’équilibriste qui n’échappe pas toujours au ridicule, et une plume insipide (peut-être pas aidée par la traduction).

Au final, c'est sans doute un peu médiocre. Mais pas inintéressant...
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Re: SARBAN - Le Son du cor

Message par BiblioManu » 22 Juillet 2017, 13:44

Je l'ai terminé il y a peu et effectivement on est plus dans un mode survival. J'ai pour ma part beaucoup apprécié cette lecture. Il y a un petit côté suranné dans l'écriture mais ça n'a pas été pour me déplaire.
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