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LC "Insondable" Partie 1 : Pékin origami

Message Publié : 28 Juin 2018, 12:05
par Lune
Pékin origami est la nouvelle qui a fait connaître Jingfang Hao, et pour laquelle elle a reçu le Prix Hugo de la nouvelle.

Dans un Pékin qui a dû se réinventer à cause de la surpopulation et du chômage, il existe 3 plans différents. L'occasion de séparer les classes sociales et d'accentuer les inégalités à l'extrême. Lao Dao, éboueur pauvre qui a besoin d'argent pour envoyer sa fille à l'école, a un message à faire passer dans un plan différent du sien. Pour cela il va devoir se glisser entre les bâtiments qui se reconfigurent ! On le voit donc passer du plan 3 au plan 2 puis au 1, où vivent les gens aisés qui décident pour les autres. Lao remplit sa mission, et nous permet au passage d'avoir un aperçu de la vie de chaque plan, de comprendre les raisons de leur existence et de la transformation de Pékin, la surpopulation, le manque de travail et les élites qui s'en foutent.

J'ai beaucoup aimé ce texte, dont l'idée est effectivement assez fascinante. Une ville entière qui se reconfigure, c'est impressionnant.

Après j'ai trouvé que l'objet même du message est assez futile s'agissant d'une lettre d'amour d'un jeune homme à une jeune femme déjà prise, pas de bol. Disons qu'on sent le prétexte, peut-être un peu trop (ou justement la futilité du truc est voulue, pour montrer qu'on n'a pas les mêmes valeurs selon les plans ?). Et puis mon cœur n'a pas palpité sur le sort de Lao Dao, dommage. Finalement ça manque d'enjeu dans un contexte carrément grandiose et qui pourrait être bien plus anxiogène.

A mon avis cette nouvelle vaut surtout par son idée de base.

Re: LC "Insondable" Partie 1 : Pékin origami

Message Publié : 28 Juin 2018, 19:27
par Vert
Pour le coup je l'avais déjà lue dans l'antologie des Utopiales donc je peux en parler !
Pour ma part je l'avais bien aimée, l'idée est vraiment étonnante. Je ne me rappelle plus trop de l'intrigue par contre :mrgreen:.

Re: LC "Insondable" Partie 1 : Pékin origami

Message Publié : 01 Juillet 2018, 20:45
par Lhisbei
Beaucoup aimé aussi. Pékin devenue une mégapole divisée en trois espaces totalement inégalitaires. séparés qui partagent la même surface terrestre dans chaque cycle de quarante-huit heures. Le premier espace abrite 5 millions de personnes. Le second, 25 millions. Le troisième cinquante millions. Le premier accueille les riches, les puissants et les instances dirigeantes, le second abrite une classe moyenne capable de s'élever vers la première strate. Le troisième espace accueille les pauvres, les ouvriers (dans des conditions plus que précaires). L'inégalité perdure sur le temps de vie alloué à chaque strate sur un cycle de 48 heures : 24h pour le premier espace, 16h pour le deuxième espace et seulement huit heures pour le troisième espace. Au bout de ce délai, les habitants sont "invités" au sommeil dans un caisson d'hibernation. Au début, on croit que c'est pour gérer la surpopulation, mais non, c'est pour gérer le chômage de masse corollaire d'une automatisation galopante.

Toute l'histoire se déroule du point de vue de Lao Dao, un ouvrier qui trie les déchets en provenance des deux autres espaces.

La violence n'est pas là où on s'y attend dans cette dystopie : la population, passive, accepte son sort. Pas de révolte, pas de révolution, pas d'actes criminels en pagaille. Au mieux quelques arrangements : faire la mule d'un espace à l'autre, corrompre quelques fonctionnaires, faire quelques compromis avec sa conscience. Les habitants ne peuvent pas choisir où vivre, l'ascenseur social ne fonctionne pas. Et les ouvriers qui trient les déchets sont les plus mal lotis du troisième espace alors même que la prospérité des strates supérieures dépend d'eux : l'économie circulaire et le recyclage en sont le fondement économique.

L'architecture et le fonctionnement même de la société est d'une violence inouïe, donc.

Re: LC "Insondable" Partie 1 : Pékin origami

Message Publié : 02 Juillet 2018, 11:51
par Xapur
Bof.
J'ai beaucoup de mal avec les idées :
1 - d'une ville qui bascule à heure fixe comme un Transformer
2- de ses habitants qui vont se coucher tranquillement et sont gazés pour rester endormis jusqu'à leur prochain tour de veille
Sinon, le style est assez plat et malheureusement c'est un reproche que je ferai à quasiment tout le reste du recueil.